Donner à des neveux et nièces: comment atténuer l’impact fiscal ?

Protéger ses proches 4 min de lecture
Les neveux et nièces bénéficient d’un abattement personnel sur les donations qu’ils reçoivent. Celui-ci est cumulable avec d’autres abattements. Les droits restant dus peuvent être pris en charge par le donateur sans que ce geste généreux soit considéré comme une donation taxable.

Les liens familiaux sont forts. Et la volonté de gratifier, de son vivant, ses neveux et nièces en leur faisant des donations peut l’être tout autant. La fiscalité n’est pas neutre. Cependant, plusieurs mécanismes permettent d’en adoucir l’impact.

Les neveux et nièces peuvent bénéficier de plusieurs abattements

En matière fiscale, la notion de neveux et nièces a un sens précis : il s’agit strictement des enfants des frères et sœurs du donateur. Les enfants du conjoint du frère ou de la sœur issus d’une autre union ne sont pas considérés comme des neveux et nièces.

Chaque neveu et nièce bénéficie d’un abattement personnel de 7967 euros chacun sur la valeur du bien donné : liquidités, actifs financiers, bijoux, œuvres d’art, immobilier… Jusqu’à ce montant (qui n’a pas évolué depuis 2011), aucun droit de donation n’est dû. Au-delà, la valeur des biens donnés est taxée au taux de 55%. L’abattement est renouvelable tous les 15 ans.

Parallèlement à cet abattement, les donateurs sans descendant peuvent donner une somme d’argent en franchise d’impôt jusqu’à 31.865 euros à chacun de leurs neveux et nièces. Cette exonération dite «des dons familiaux» de sommes d'argent est réservée aux donations effectuées : par des personnes :

  • Âgées de moins de 80 ans,
  • N’ayant pas de descendants en ligne directe (enfant, petit-enfant, arrière petit-enfant). Cette exonération est possible également tous les 15 ans.

Les exonérations de dons familiaux et pour les neveux et nièces sont cumulables

Ces deux exonérations sont cumulables. Un donataire ayant déjà reçu d’un même oncle ou d’une même tante une première donation dans la limite de son abattement de 7967 euros peut bénéficier du dispositif d’exonération des dons familiaux, quelle que soit la date de la donation initiale. Ainsi, un neveu ou une nièce peut recevoir du même oncle ou d’une même tante jusqu’à 39.832 euros en franchise d’impôt tous les 15 ans.

Enfin, une exonération spécifique est prévue en faveur de toute personne en situation de handicap. Celle-ci peut recevoir une donation exonérée jusqu’à 159.325 euros de la part de ses oncles et tantes. Ce dispositif est également cumulable avec les deux autres.

Le saviez-vous ? Depuis le 15 février 2025 et jusqu'au 31 décembre 2026, certains dons familiaux peuvent bénéficier d’une nouvelle exonération de droits de donation. Les personnes n’ayant pas de descendant direct (enfant, petits-enfants) peuvent donner de l’argent à leur neveu et nièce en franchise de droits de donation. Cela concerne les sommes jusqu’à 100.000 euros par un même donateur à un même donataire, et de 300.000 euros par donataire. Les sommes données doivent être affectées à l'acquisition d’un logement neuf ou à la rénovation énergétique d'un logement. 

Au-delà de ces seuils d’exonération, la donation est soumise aux droits de donation au taux de 55%. Ces droits sont dus par le bénéficiaire de la donation. Toutefois, la loi autorise leur prise en charge par le donateur, à condition que l’acte de donation le prévoit. La prise en charge de ces frais n’est pas fiscalement considérée comme une donation taxable.

Bon à savoir : Un oncle ou une tante peut recourir à l’assurance-vie pour transmettre des liquidités à ses neveux et nièces. En effet, la fiscalité favorable de l’assurance-vie est indépendante du lien de parenté. Elle se montre donc avantageuse pour les sommes excédant les plafonds d’exonération.  

L'essentiel à retenir

  • Les neveux et nièces bénéficient d’un abattement de 7 967 euros chacun tous les 15 ans.
  • En l’absence d’enfant, le donateur peut donner à chacun de ses neveux et nièces une somme d’argent en franchise d’impôt de 31 865 euros, et ce, tous les 15 ans.
  • Les droits de donation peuvent être pris en charge par le donateur.

Article publié le 19.11.2021

Mis à jour le 01.05.2025