Divorce: comment se partagent les biens entre les époux

Protéger ses proches 4 min de lecture
Étape indispensable du divorce, le partage des biens est souvent une source de désaccords ou de surprise pour les époux qui ne connaissent pas toujours les subtilités de leur régime matrimonial. Il implique de retrouver de nombreuses traces écrites des acquisitions de chacun et de confier les calculs, souvent complexes, à un notaire.

Le divorce a des incidences lourdes sur le plan patrimonial. Il faut procéder au partage des biens. La répartition est toujours plus complexe qu’il n’y paraît. Pour ceux qui sont mariés sous un régime séparatiste, en théorie, l’opération est simple : chacun reprend sa part. Cela signifie qu’il n’y a eu aucune confusion entre les patrimoines. 

Pour les couples mariés en communauté, les biens acquis pendant le mariage sont partagés

Le régime de la communauté implique le partage strict des biens entre les époux. Cela peut être difficile lorsque le couple n’avait qu’un compte joint, par exemple. À défaut de pouvoir prouver l’origine des sommes sur ce compte-joint, il est réputé indivis. Tous les montants sont répartis à 50/50.

La plupart des couples sont mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts. Tous les biens acquis depuis la date du mariage se répartissent à 50/50, à l’exception de ceux ayant été reçus par succession ou par donation. Il faut donc isoler ces biens les uns des autres. Cela n’est pas toujours une tâche aisée. Il peut arriver, par exemple, que l’argent d’une donation soit investi pour faire des travaux dans la résidence principale du couple. À l’inverse, l’argent commun issu des salaires du couple peut être utilisé pour embellir un bien immobilier appartenant uniquement à l’un des deux. On parle alors de récompenses. Elles sont dues soit par la communauté à un époux, soit par un époux à la communauté.

Le saviez-vous ? Le montant des droits de partage a été progressivement abaissé. L'article 108 de la Loi de finances pour 2020 a prévu une diminution progressive des droits de partage. Le taux de droit de partage est passé de 2,5% à 1,8% au 1er janvier 2021, puis à 1,1 % au 1er janvier 2022.

L’intervention d’un notaire est quasiment systématique lors d'un divorce

Une entreprise peut aussi être source de difficulté. Si elle est créée pendant le mariage, sa valeur appartient à la communauté. Si elle s’est beaucoup développée, cela se révèle souvent délicat. En effet, le créateur peut devoir faire rentrer des associés à son capital, ou vendre.

Tous ces calculs sont complexes et il faut retrouver les traces des actes de donation, de succession, d’investissements, de travaux… C’est la raison pour laquelle le partage des biens est confié à un notaire.

Dans les divorces à l’amiable, le notaire intervient au début de la procédure à la demande des époux et de leurs avocats respectifs. Dans les divorces contentieux, il peut être saisi par le juge ou par les époux. Une fois en possession de tous les éléments importants, le notaire définit ce que devrait être le partage, d’après le droit. Cela aide les époux et leurs avocats respectifs à se faire une idée précise du sujet. Mais la répartition définie par le notaire n’a rien de coercitif : si les époux s’entendent sur un partage différent, ils en ont parfaitement le droit. Ils doivent toutefois veiller à ce que la différence entre ce qui devrait être récupéré et ce qui est effectivement perçu ne dépasse pas 80.724 euros. Au-delà, l’administration fiscale considérera qu’il s’agit d’une donation déguisée, et des droits de donation s’appliquent. 

Le saviez-vous ? En France, 45% des mariages se soldent par un divorce selon l’Insee. L’hexagone a le 10e taux de divorce le plus élevé dans l’Union européenne.

L'essentiel à retenir

  • Le partage des biens entre époux obéit à des règles complexes.
  • Le partage des biens entre époux est effectué par un notaire, y compris dans les procédures de divorce à l’amiable.
  • Rien n’oblige les époux à se conformer strictement au droit : s’ils s’entendent, la répartition peut être différente. 

Article publié le 06.09.2021

Mis à jour le 01.05.2025