Les enfants grandissent, font des études souvent onéreuses, et gagnent parfois leurs premiers salaires avec des emplois à temps partiel. La structure de revenus et de dépenses du foyer change. Et la fiscalité évolue en conséquence.
Enfant majeur : quelle option fiscale choisir ?
Faut-il laisser son enfant majeur rattaché au foyer fiscal ? Ou bien faut-il lui demander d’effectuer sa propre déclaration ? S’il reste rattaché au foyer fiscal de ses parents, ces derniers conservent le bénéfice de la demi-part fiscale qu’il représente. Lorsque les parents forment deux foyers fiscaux distincts, l’enfant majeur ne peut être rattaché qu’à un seul foyer. Il doit exprimer son choix sur un papier libre.
Autre possibilité : l’enfant majeur effectue sa déclaration de façon autonome. Le foyer fiscal incarné par les parents peut alors déduire une partie des revenus supportés au titre de la pension alimentaire. Si l’enfant vit chez ses parents, ceux-ci peuvent déduire un forfait de 4039 euros par enfant pour les revenus 2024 déclarés en 2025, sans justificatif. Avec justificatif, il est possible de déduire jusqu’à 6794 euros en 2025.
Quand l’enfant ne vit pas chez ses parents, seule la déduction des frais réels est possible, toujours dans la limite de 6794 euros et sur justificatif. Lorsque les parents forment deux foyers distincts, chacun peut déduire une pension alimentaire à hauteur de 6794 euros.Dans ce cas, l’enfant majeur doit déclarer cette somme comme un revenu lors de sa déclaration fiscale. La somme se situe en-dessous du seuil au-delà duquel une personne célibataire est imposable (11.497 euros pour le barème 20225 sur les revenus 2024) : il ne doit aucun impôt sur cette somme.
Bon à savoir : Si l’enfant majeur est scolarisé, son rattachement le rattachement permet aussi de bénéficier d’une réduction d’impôt variable selon le cycle d'enseignement : 61 euros pour le collège, 153 euros pour le lycée et 183 euros pour l'enseignement supérieur.
Foyer fiscal : si l’enfant n’a pas de revenu, l’écart est faible qu’il soit rattaché ou non
Quand l’enfant majeur ne travaille pas, les revenus globaux de la famille n’évoluent pas. Rattachement ou non-rattachement, il n’y a que très peu d’écart d’impôt sur le revenu entre les deux solutions. Le niveau de rémunération des parents n’entre pas en ligne de compte, car le quotient familial est plafonné. En effet, l’économie d’impôt réalisée en déclarant une demi-part supplémentaire ne peut excéder un certain montant (1 791 euros pour la déclaration 2025 des revenus de 2024).
Foyer fiscal : si l’enfant perçoit des revenus, il est préférable d’opter pour des revenus séparés
En revanche, l’écart d’imposition peut être significatif lorsque l’enfant commence à travailler régulièrement pour avoir un revenu d’appoint. Toujours aidé par une pension alimentaire de ses parents, il occupe des emplois à temps partiel ou effectue des remplacements l’été. Dans ce cas, si l’enfant reste rattaché au foyer de ses parents, ses salaires s’ajoutent aux revenus familiaux. Or, plus la tranche marginale d’imposition de la famille est élevée, plus ce revenu complémentaire est taxé. Il vaut mieux, dans cette situation, opter pour des déclarations séparées.
Attention, le calcul fonctionne lorsque l’enfant représente une demi-part fiscale. C’est le cas lorsque les familles comptent un ou deux enfants. À partir du troisième enfant, le détachement d’un seul enfant fait perdre au foyer fiscal une part entière… Dans cette situation, maintenir le rattachement de l’enfant est souvent plus avantageux sur le plan strictement fiscal.
Les APL, un critère à prendre en compte dans son choix
Une autre raison peut pousser certains parents à détacher rapidement leur enfant : l’aide personnalisée au logement. Lorsque l’enfant doit se loger ailleurs que chez ses parents, s’il touche les APL en étant rattaché au foyer fiscal, ses parents cessent de percevoir les allocations familiales. Par ailleurs, si l’enfant majeur reste rattaché au foyer fiscal alors que ses parents sont redevables de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), il ne peut pas bénéficier des APL.
Pour l’enfant détaché, même non imposable, il est indispensable de déclarer ses revenus
Lorsque le changement s’opère, il n’est pas possible de séparer l’année en deux périodes : il faut choisir pour toute l’année de rattacher ou de détacher l’enfant. Lorsqu’il quitte le foyer fiscal de ses parents, il est important de lui rappeler que, même s’il n’est pas imposable, il doit remplir une déclaration chaque année, à titre individuel.
Le saviez-vous ? Certains revenus bénéficient d’exonération :
- Les indemnités de stage conventionné et les rémunérations de contrat d’apprentissage sont exonérés jusqu’à 1 Smic annuel (21.273 euros pour les revenus 2024).
- Les salaires des étudiants de moins de 26 ans au 1er janvier sont exonérés jusqu’à 3 Smic mensuel (5291 euros pour les revenus 2024).
L'essentiel à retenir
- Les enfants majeurs peuvent rester dans le foyer fiscal de leurs parents ou en sortir.
- Lorsqu’un enfant majeur travaille pour gagner un revenu d’appoint, la meilleure solution est souvent de sortir du foyer fiscal.
- Les familles nombreuses doivent faire des simulations poussées, car le départ d’un enfant représente souvent la suppression d’une part fiscale.
- Lorsqu’un enfant majeur est détaché du foyer fiscal, il doit effectuer sa propre déclaration même s’il n’est pas imposable.
Article publié le 10.03.2021
Mis à jour le 01.05.2025