Après la crise, vient la reprise. Pour évoquer les différents scénarios de reprise, les économistes utilisent souvent des lettres ou des symboles mathématiques.
Le meilleur des scénarios : la relance en V comme aux États-Unis en 1954
Le scenario en V est le plus valorisé, car il est très optimiste. La chute des marchés est brutale, mais le rebond est extrêmement rapide. L’économie regagne ses niveaux d’avant crise aussi rapidement qu’elle a chuté, puis elle se stabilise. Les États-Unis ont connu une reprise en V en 1954, après la période de récession de 1953, due à :
- un ralentissement des dépenses des consommateurs en biens durables,
- une baisse des dépenses nationales de sécurité,
- une politique monétaire sévère.
Le Produit National Brut (PNB) passe alors de 307 milliards de dollars en 1953 à 301 milliards en 1954, et rebondit à 322 milliards en 1955. En réalité, la baisse d’activité dans cette crise est minime (moins de 2%) et les fondamentaux de l’économie sont solides. C’est un épiphénomène au milieu des trente glorieuses. Des réductions d’impôts et la reprise des dépenses d’État ont favorisé une relance rapide.
La courbe en U, un scénario intermédiaire
La courbe de reprise en U commence avec un ralentissement très fort de l’économie. L’activité met plusieurs semestres pour se relever, comme après le choc pétrolier de 1973. Le PIB américain a progressé de plus de 5% en 1972 et 1973, mais le choc pétrolier a fait baisser l’activité. Le produit intérieur brut a reculé de 0,54% en 1974 et encore de 0,21% en 1975. Le ralentissement a été brutal dans un climat de forte croissance. Le scenario de la reprise en U est celui qui ressemble le plus à l’anticipation de la banque centrale européenne pour la crise actuelle : une baisse brutale, et une reprise modérée pendant deux ans… avant de gagner de nouveau des niveaux d’avant crise.
Le rebond en W, symbole de la crise des subprimes
Avec le scenario en W, sur le papier, l’activité économique ressemble à des montagnes russes… Une chute brutale, suivie d’un rebond significatif, puis une nouvelle chute, presque aussi violente que la première. Dans cette situation, la police de caractère compte autant que la lettre employée : selon les différentes typographies, le milieu du w remonte plus ou moins. La sortie en W est celle qui a suivi la crise des subprimes de 2008. En 2009, le PIB français a chuté de 2,9%. Il a progressé de nouveau de 1,9% et de 2,2% en 2010 et 2011, mais en 2012 et 2013 la croissance est redevenue très faible, à 0,3% et 0,6% respectivement.
Le plus à craindre : le scénario en L
Le scenario en L incarne le pire des scénarios. Il inclut une très forte baisse de l’économie, suivie par aucune reprise. C’est le scénario japonais : affecté par la crise qui a touché toutes les économies mondiales en 1991, le pays ne s’est jamais totalement relevé. Alors que son PIB augmentait en moyenne de 4,1% par an entre 1973 et 1991, l’économie nippone a, depuis, affiché une croissance moyenne de 0,8% par an. Un recul que les économistes attribuent davantage à l’évolution démographique qu’à une incapacité à se redresser.
La racine carrée, un reprise très rapide mais qui plafonne
Si l’on prend le symbole de la racine carrée, que peut-on observer ? D’abord, une chute brutale, puis, une reprise très rapide sans rechute, avec par la suite une activité qui plafonne à moyen ou long terme... À l’automne 2020 pendant la pandémie de la Covid-19, le scénario de la racine carrée s’est mis en place. On a assisté à un redémarrage de l’économie dès le troisième trimestre 2020, correspondant pour l’essentiel à un phénomène de rattrapage, suivi d’un plateau .
Bon à savoir : La sortie de crise à l’issue de la pandémie s’est révélée atypique. En 2021, elle a suivi un scénario en K. Certains secteurs (industrie pharmaceutique, GAFAM) ont performé, dessinant le haut de la lettre K. D’autres on connu une crise plus durable illustrant le bas de la lettre K comme le secteur de la culture ou celui de l’hôtellerie –restauration.
L'essentiel à retenir
- Lorsque une économie traverse une crise, différents scénarios de reprise se dessinent.
- Entre le scénario en V, le plus optimiste, et celui en L, le plus noir, plusieurs formes de rebond sont possibles.
Artcile publié le 13.07.2020
Mis à jour le 04.04.2025