Des objectifs de financement ambitieux évoqués lors de l’évènement COP 16 biodiversité
La COP 16 biodiversité s’est tenue à Cali, en Colombie, du 21 octobre au 1er novembre 2024. Les États représentés ont échoué à trouver un accord sur la conduite à tenir pour mettre en œuvre les objectifs fixés par l’accord-cadre de Kunming-Montréal. En 2022, les États s’étaient engagés à collecter 200 milliards de dollars de dons par an jusqu’en 2030, avec un transfert Nord/Sud à hauteur de 20 milliards de dollars par an, pour protéger la biodiversité. Pourtant, la stratégie financière à adopter pour mettre en œuvre cet objectif reste débattue. La création d’un nouveau fonds porté par les États du Sud a été refusée par les États du Nord, hostile à la multiplication des fonds. La question est renvoyée à la prochaine COP : elle doit avoir lieu en Arménie dans deux ans. En dépit de cet échec, la COP 16 a réussi à s’accorder sur plusieurs avancées.
De nouveaux financements en cours : la France est engagée à hauteur de 5,4 millions
En 2022, dans le cadre de la COP 15 (Accord de Kunming-Montréal), la création d’un nouveau fonds sous l’égide du Fonds pour l'environnement mondial a été actée. Ce Fonds pour le cadre mondial de Kunming-Montréal (GBFF) a pour objectif de soutenir la mise en œuvre du cadre du même nom. Il répond aux demandes croissantes des pays en développement, souhaitant bénéficier d’un mécanisme de financement propre à la convention sur la diversité biologique. À Cali, huit des États présents se sont engagés à y verser 163 millions de dollars, pour le porter à 400 millions de dollars. La France doit participer à hauteur de 5,4 millions de dollars.
Le saviez-vous ? Le Fonds pour l'environnement mondial est une institution de financement consacrée à un ensemble de six conventions multilatérales pour l’environnement :
- Convention sur la diversité biologique,
- Convention cadre des Nations Unies sur ces changements climatiques,
- Convention de Minamata sur le mercure,
- Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants,
- Convention sur la lutte contre la désertification,
- Traité international pour la protection de la haute mer et de la diversité marine.
Partager les bénéfices des ressources génétiques
Les séquences génétiques de la biodiversité (ou ressources génétiques numérisées - DSI) sont stockées dans des bases de données. Ensuite, elles sont utilisées par de nombreuses industries pour fabriquer des vaccins, médicaments, semences hybrides ou cosmétiques. Le partage des bénéfices issus de leur utilisation constitue un enjeu majeur. Pour y répondre, les États ont approuvé la mise en place d’un nouveau fonds : le fonds Cali. Il doit permettre d’instaurer un mécanisme multilatéral de partage des bénéfices. Ce fonds Cali sera abondé par les entreprises à hauteur de 1% des bénéfices ou de 0,1% des revenus qu'elles en tirent. Il permettra de mobiliser des ressources financières importantes pour la protection de la biodiversité.
L'essentiel à retenir
- La COP 16 Biodiversité n’est pas parvenu à un accord global sur le financement de la protection de la biodiversité
- Un fonds dédié, le Fonds pour le Cadre mondial de Kunming-Montréal (GBFF) est en place et devrait recevoir 163 millions de dollars.
- Un nouveau fonds est créé afin de mieux partager les bénéfices issus de l’utilisation des séquences génétiques de la biodiversité stockées dans des bases de données.