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L'Essentiel Macro - Second semestre 2026

Vues macroéconomiques 17 min de lecture
Retrouvez chaque semaine un concentré de l'actualité macro-économique.

Le momentum fait une pause - 27.07.2026

Pour gagner en bourse au cours de ce premier semestre, il suffisait de suivre les flux de capitaux. Ceux-ci se sont dirigés vers les États-Unis, à la fois vers les grandes capitalisations technologiques ainsi que les small et mid caps, mais aussi vers l’Asie émergente (Corée du Sud et Taïwan), le Japon, l’Amérique latine et, dans une moindre mesure, l’Europe. À l’inverse, les sorties massives de capitaux se sont poursuivies en Inde, tandis que l’Afrique demeurait le terrain de prédilection d’une poignée d’investisseurs spécialisés.

Mais le paysage est en train d’évoluer. Les difficultés de la Bourse sud-coréenne, amplifiées par un recours excessif à l’effet de levier, incitent désormais les investisseurs à revenir aux fondamentaux. La qualité des entreprises, les perspectives de croissance des bénéfices et les niveaux de valorisation priment de nouveau. Au fond, cette évolution est plutôt saine. Elle ne remet nullement en cause les tendances structurelles, comme la forte demande en semi-conducteurs, l’essor de l’intelligence artificielle ou encore le développement des énergies renouvelables. En revanche, elle impose une plus grande sélectivité et plaide sans doute pour attendre la fin de l’été avant de prendre de nouvelles décisions d’investissement.

Une chose est certaine : certains paris risquent encore de se révéler perdants. L’Inde en fait partie, tout comme l’Indonésie. Le marché boursier indonésien, qui avait attiré l’attention des investisseurs européens en quête de nouvelles opportunités, a reculé de 35% depuis le début de l’année, soit l’une des plus mauvaises performances parmi les grandes places boursières mondiales. Comme en Inde, cette baisse s’est accompagnée d’un fort recul de la monnaie locale. La roupie indonésienne a perdu 9% face au dollar et 4% face à l’euro. Pour un investisseur européen, cela représente une perte d’environ 39% exprimée en euros, avant prise en compte des éventuelles commissions et des dividendes. C’est considérable.

Comment expliquer une telle contre-performance ? Les raisons sont désormais bien connues : interventionnisme accru de l’État, incertitude sur les politiques économiques, interrogations sur la transparence du marché et la gouvernance de certaines entreprises, sorties de capitaux étrangers, etc.

Autre élément à garder en tête avant la rentrée : la concentration des marchés, un thème récurrent depuis plusieurs années, devrait rester d’actualité. Ce phénomène est désormais généralisé. Prenons l’exemple du Topix 500, qui regroupe les 500 plus grandes et les plus liquides sociétés cotées à la Bourse de Tokyo. Les valeurs les plus échangées représentent désormais plus de 70% de l’ensemble des volumes de transactions, un niveau inédit depuis l’an 2000. À ce stade, nous ne voyons pas ce qui pourrait inverser cette tendance. On peut s’en inquiéter, mais il faudra composer avec cette nouvelle réalité*.

*Données : Boursorama, Bloomberg en date du 21 juillet.

À surveiller

La Fed est en ligne de mire cette semaine. L’indice des prix à la consommation (IPC) pour juin a marqué un recul encourageant. À première vue, cela conforte l’hypothèse d’un maintien des taux inchangés. Attention toutefois, sous la surface, les pressions inflationnistes sont loin d’être maîtrisées. La part des composants de l’IPC qui connaît une inflation supérieure à 5% est encore élevée. Autrement dit, la bataille contre l’inflation est loin d’être terminée.

C'est précisément le message qu'a délivré Kevin Warsh lors de son audition devant le Congrès. Il a mis en garde contre toute déclaration de victoire prématurée : « Certains pourraient regarder les chiffres de l’inflation et conclure que la mission est accomplie. Ce n'est pas mon point de vue. »

Cela ne signifie pas pour autant qu'une nouvelle hausse des taux de la Fed soit imminente. À la suite du dernier rapport sur l’inflation, le marché monétaire estime la probabilité d’une hausse des taux à 4% cette semaine. Néanmoins, après une pause qui devrait se prolonger, une nouvelle hausse pourrait redevenir d'actualité si l'inflation ne montrait pas, après l'été, de signes suffisamment convaincants d'un ralentissement durable.

L’Espagne, vainqueur aussi sur le plan économique ?

Le 19 juillet, en battant l’Argentine, l’équipe d’Espagne a offert au pays son deuxième titre de champion du monde de football masculin. Au-delà de l’exploit sportif, cette victoire pourrait aussi générer des retombées économiques, même sans avoir organisé la compétition.

Selon l’étude de Marco Mello, A Kick for the GDP : The Effect of Winning the FIFA World Cup, publiée dans l’Oxford Bulletin of Economics and Statistics en 2024, remporter la Coupe du monde augmente la croissance annuelle du PIB réel d’au moins 0,48 point de pourcentage au cours de chacun des deux trimestres suivants. L’étude conclut également que la victoire a un effet plus marqué que l’organisation de la compétition, principalement grâce à la hausse des exportations et à l’essor du tourisme.

Pour l’Espagne, cela pourrait théoriquement se traduire par un surcroît d’activité d’environ 4 milliards d’euros sur deux trimestres.

Le match de l’IA - 20.07.2026

Selon le fonds spéculatif américain Citadel, l'un des géants du secteur, la Chine dominerait 67 des 74 technologies critiques.

Comment expliquer cette avance ?

Le gouvernement chinois a commencé à investir massivement dans l'enseignement scientifique dès les années 1990. La génération formée à cette époque dirige aujourd'hui les laboratoires, les usines et les start-ups qui dominent ces 67 technologies. C'est le résultat de trente ans de politique éducative.

Le match est-il pour autant perdu pour l'Europe ? Pas nécessairement. Il est toujours possible de former davantage d'ingénieurs et de les inciter à rester plutôt qu'à partir aux États-Unis. En revanche, les bénéfices économiques de cette stratégie ne seront perceptibles que dans 15 à 20 ans.

Il ne faut pas non plus négliger l'effet de l'IA, qui pourrait rebattre progressivement les cartes. Si elle permet d'accomplir en quelques minutes ce qu'un ingénieur réalise en plusieurs semaines, l'avantage lié à la formation de centaines de milliers, voire de millions d'ingénieurs chaque année s'atténue. Dans ce scénario, ce n'est plus le nombre de cerveaux qui compte, mais la qualité des modèles. Sur ce terrain, les États-Unis ont de l’avance.

L'Europe n'est toutefois pas absente. Elle peut s'appuyer sur Mistral, mais gagnerait à développer un écosystème plus large d'acteurs européens. D'autant que de nombreuses entreprises européennes souhaitent ne pas dépendre exclusivement des modèles américains, à la fois pour des raisons de souveraineté et parce que leur coût pourrait fortement augmenter si les États-Unis consolidaient leur position hégémonique.

À surveiller

C’est le mois de juillet. Les dernières réunions de banque centrale ont lieu avant la pause estivale. Rien à attendre de la BCE cette semaine, qui devrait attendre la rentrée pour augmenter de nouveau son taux directeur, probablement de 25 points de base.

Savez-vous quelles matières premières cotées entrent dans la composition d'une crème solaire ?

En France, 13,9 millions de produits solaires sont vendus chaque année en pharmacie. Près de 70% des ventes sont réalisées entre avril et septembre, et 2026 pourrait bien battre un nouveau record avec les épisodes de canicule qui se multiplient.

Les tokenomics, kesako ? - 13.07.2026

Depuis l'invention de l'électricité par Thomas Edison à la fin du XIXᵉ siècle, chaque grande révolution industrielle s'est accompagnée d'une hausse de la consommation électrique. Aujourd’hui, c’est l’intelligence artificielle qui en est le principal moteur. Chaque nouvelle génération de modèles nécessite davantage de puissance de calcul, davantage de centres de données, davantage de serveurs, mais aussi davantage de mémoire, de systèmes de refroidissement et de réseaux électriques. Contrairement aux précédentes vagues de numérisation, l'IA est très énergivore. Un centre de données de dernière génération peut ainsi consommer autant d'électricité qu'une ville moyenne. Selon le rapport Energy and AI de l'Agence internationale de l'énergie, la consommation électrique des centres de données pourrait presque doubler d'ici 2030 pour atteindre près de 950 TWh - soit environ 3% de la demande mondiale d'électricité.

Cette explosion des besoins énergétiques modifie profondément les règles du jeu. Pendant longtemps, la compétition s'est jouée sur la puissance des modèles et leurs capacités. Désormais, le coût du token est un sujet central. Un token est l'unité élémentaire traitée par un modèle d'intelligence artificielle, qu'il s'agisse d'un mot, d'une partie de mot ou d'un caractère. Derrière chaque token se cachent des coûts de calcul, de mémoire, de bande passante et, surtout, d'électricité. C'est ce que l'on appelle désormais l'économie des tokens (tokenomics).

Cette évolution favorise l'émergence d'un marché à deux vitesses. D'un côté, quelques géants technologiques disposent des moyens financiers nécessaires pour développer les modèles les plus avancés. De l'autre se développent des modèles plus spécialisés, moins coûteux et plus facilement déployables dans les entreprises, à l’image des modèles développés par la Chine. L'enjeu n'est plus uniquement de concevoir le modèle le plus performant, mais aussi celui qui offre le meilleur rapport coût-efficacité.

Dans cette logique, les copilotes apparaissent aujourd'hui comme les applications les plus prometteuses. Plutôt que de remplacer totalement l'humain, ils augmentent sa productivité face à des tâches ciblées. Leur coût énergétique reste relativement maîtrisé, tandis que les gains de productivité qu'ils génèrent sont rapidement mesurables, ce qui facilite leur adoption par les entreprises.

Cette dynamique ne fait probablement que commencer. Les grands modèles de langage (LLM) ne constituent qu'une première étape. La prochaine étape de l’IA sera celle des world models, capables non seulement de comprendre le langage, mais aussi de modéliser et de simuler le monde physique. À terme, cette évolution ouvrira la voie à l'IA physique, dont les besoins en puissance de calcul et en électricité seront encore bien supérieurs à ceux des applications actuelles. D’où des investissements massifs dans les années à venir dans les réseaux électriques.

À surveiller

Le Slip Français, marque iconique du Made in France, fait son entrée sur Euronext Growth Paris le 14 juillet. Le prix est fixé à 14,80 euros par action. Comme c’est toujours le cas, l’opération est ouverte aux particuliers (10% du total des actions mises sur le marché). L’introduction vise à permettre aux actionnaires historiques, qui ont connu les années de vache maigre, de sortir. Une clause de lock-up prévoit que les deux fondateurs conservent leurs actions pendant une période de 365 jours. Après s’être positionnée initialement sur le haut de gamme, l’entreprise a opéré un virage stratégique radical en réduisant ses prix pour augmenter les volumes vendus, ce qui lui a permis de renouer avec la rentabilité. En revanche, le secteur du prêt-à-porter n’est certainement pas le plus porteur actuellement. Les rares précédentes introductions en bourse d’acteurs du secteur n’ont pas été un franc succès. Barbara Bui, introduite en 1998, est devenue une micro-cap quasiment sans activité, avec moins de 10 titres échangés par jour. De son côté, SMCP, qui détient notamment les marques Sandro et Fursac, a connu un parcours boursier très décevant. Le cours de son action a chuté de près de 80% par rapport à son prix d’introduction en 2018. En cause, comme souvent sur Euronext Growth, une valorisation initiale trop élevée, mais aussi les difficultés propres au retail, qui ne cessent de s’accentuer, comme en témoigne la mise en liquidation judiciaire de nombreuses marques ces dernières années.

L’avez-vous lu ?

Mauvaise nouvelle, les dernières prévisions renforcent encore le scénario d'un El Niño exceptionnel, qui pourrait devenir le plus intense jamais observé, avec des températures de l'océan Pacifique équatorial de 3,3 à 4,4 °C au-dessus de la normale en décembre.

Un tel épisode entraîne généralement des sécheresses en Australie, en Asie du Sud-Est et dans certaines régions d'Afrique, ainsi que des pluies excessives en Amérique du Sud. Conséquence : un risque accru de mauvaises récoltes (riz, blé, maïs, soja, huile de palme, cacao...), et donc de tensions sur les prix mondiaux des matières premières agricoles.

Éclaircie - 06.07.2026

Le paysage économique s'est éclairci aux États-Unis avec la publication des données sur le PCE, le PIB et les dépenses de consommation. On n'obtient pas une croissance du PIB de +2,1 % et une hausse des revenus de +0,7 % dans un environnement stagflationniste.

Le scénario de stagflation - celui qui poussait les marchés à anticiper un ralentissement de la croissance accompagné d'une inflation persistante - vient de subir un sérieux revers.

Le PCE global ressort à +4,1 % sur un an, soit exactement conforme aux attentes.

Le PCE sous-jacent, l'indicateur d'inflation privilégié par la Fed, s'établit à +3,4 %, lui aussi parfaitement conforme aux prévisions. Aucune mauvaise surprise, aucune révision à la hausse.

L'inflation reste certes au-dessus de l'objectif, mais elle évolue de manière rassurante.

Du côté de la croissance, les chiffres sont encore meilleurs.

Le PIB final du premier trimestre 2026 a été révisé à la hausse à +2,1 % en rythme annualisé, contre +1,6 % attendu et lors de l'estimation précédente. Il ne s'agit pas d'un simple ajustement marginal : cela signifie que l'économie a été sensiblement plus solide qu'on ne le pensait au premier trimestre.

Les revenus personnels progressent de +0,7 % sur un mois, contre +0,4 % attendu, tandis que les dépenses personnelles augmentent également de +0,7 %, contre +0,6 % attendu.

Le consommateur américain n'est donc pas en train de flancher. Les revenus progressent plus rapidement qu'anticipé et les ménages dépensent cet argent.

La combinaison d'une inflation conforme aux attentes, d'une croissance supérieure à la tendance et d'une consommation toujours dynamique devrait permettre à la Fed de rester patiente au cours des prochains mois et de maintenir ses taux inchangés.

Bonne nouvelle pour les investisseurs : le scénario « Goldilocks » n'est pas mort.

À surveiller

Ce vendredi, le Sud-Coréen SK Hynix fait son entrée au Nasdaq et devrait lever au passage 29,4 milliards de dollars. Le montant évoqué est comparable à celui de l'introduction record de Saudi Aramco en 2019.

SK Hynix détient 57 % du marché mondial de la mémoire à haute bande passante (HBM). Cette technologie équipe chaque GPU de NVIDIA utilisé pour alimenter l'essor de l'intelligence artificielle. Sans elle, les centres de données ne pourraient tout simplement pas fonctionner.

Sans surprise, l'entreprise bénéficie pleinement de l'engouement pour l'IA. Au premier trimestre, son bénéfice opérationnel a atteint un niveau record de 24,3 milliards de dollars, tandis que son chiffre d'affaires triplait sur un an. À Séoul, son action affiche une hausse de près de 300 % depuis le début de l'année.

Son arrivée sur la place boursière américaine apparaît comme une suite logique : elle lui permettra d'attirer davantage d'investisseurs occidentaux - la Bourse de Séoul restant relativement peu accessible pour nombre d'entre eux - et de bénéficier d'un marché plus profond, ce qui pourrait, à terme, soutenir davantage le titre.

L’avez-vous lu ?

Depuis son point haut de janvier, l’argent métal a perdu 52 % de sa valeur. Pourquoi ?

Le marché était devenu très spéculatif. Tôt ou tard, une bulle finit toujours par se dégonfler. Entre 2025 et janvier 2026, le prix de l’argent avait explosé, porté par un mélange de demande d’actifs refuges, d’enthousiasme des particuliers sur les réseaux sociaux et de craintes concernant l’offre mondiale. Tout cela s’est avéré exagéré. D’où la baisse.

Cette dernière a été amplifiée par les ventes automatiques via des algorithmes et par l’effet de levier. Après la cassure de certains seuils techniques, de nombreux ordres stop-loss et appels de marge ont déclenché des ventes forcées, accélérant le mouvement baissier. Ce mécanisme avait déjà provoqué une chute de plus de 25 % en une seule séance, juste après le pic de janvier.

Qu’est-ce qui a mal tourné ? - 29.06.2026

Lorsque tout le monde partage la même conviction, ce n’est pas nécessairement le signe qu’il s’agit d’une bonne idée. L’Inde en est une parfaite illustration. Dès 2024 - et cette tendance s’est ensuite renforcée - presque tout le monde ne jurait plus que par le pays, souvent perçu comme une alternative aux actions chinoises, qui demeurent volatiles et dont les performances sont souvent décevantes. Les raisons de l’attrait pour l’Inde sont bien connues : démographie favorable, digitalisation rapide, secteur manufacturier dynamique, régime démocratique, etc.

Pourtant, la survalorisation des actions indiennes aurait dû constituer un signal d’alerte. En 2024, l’indice MSCI India se négociait avec une prime supérieure à 100% par rapport à l’indice plus large des marchés émergents, soit l’écart de valorisation le plus élevé vis-à-vis des autres marchés d’Asie-Pacifique depuis vingt ans.

Malheureusement, rien ne s’est passé comme prévu. Depuis le début de l’année, le MSCI India recule de plus de 5%. Sur l’ensemble de la période 2025-2026, sa performance cumulée n’est que de 2,5%. L’indice occupe désormais la dernière place de l’univers MSCI : tous ses pairs ont fait mieux, certains de plus de 10 points, d’autres de près de 70 points.

Pire encore, cette faible performance sur 2025-2026 est mesurée en devise locale. Sur les douze derniers mois, la roupie indienne a perdu plus de 9% face au dollar américain et 7,9% face à l’euro*. Il s’agit de sa dépréciation la plus marquée depuis 2013.

Pour un investisseur étranger, parier sur les actions indiennes s’est donc révélé être un mauvais choix.

Qu’est-ce qui a mal tourné ?

En réalité, peu de choses ont changé. Le pays et son système politique restent largement les mêmes : la bureaucratie s’est allégée mais demeure pesante, de nombreuses réformes promises n’ont toujours pas vu le jour et plusieurs engagements visant à améliorer le climat des affaires restent inaboutis. Les entreprises continuent de composer avec une forte incertitude réglementaire, alimentée par des décisions parfois incohérentes qui ne prennent pas toujours en compte les impératifs de croissance.

Parallèlement, sous l’effet d’un optimisme excessif des investisseurs, les valorisations ont fortement progressé. Le PER prévisionnel de la bourse indienne atteignait 24 fois les bénéfices, soit un niveau supérieur de 27% à sa moyenne des dix dernières années. Pour justifier de telles valorisations, il fallait que tout se déroule parfaitement. Évidemment, cela n’a pas été le cas.

À mesure que les capitaux internationaux se sont redirigés vers la reprise chinoise, les infrastructures liées à l’intelligence artificielle et, plus généralement, le rebond des marchés émergents, la prime de valorisation de l’Inde n’apparaissait plus justifiée. De nombreux investisseurs étrangers ont également été échaudés par l’incapacité de la banque centrale indienne à enrayer la dépréciation de la roupie. Résultat : les milliards de dollars de flux passifs, qui avaient souvent investi au plus haut, ont quitté le pays, exerçant une forte pression vendeuse sur les actions indiennes.

Morale de l’histoire : investir sur la seule base des fondamentaux, surtout lorsqu’ils reposent sur des dynamiques de très long terme, ne suffit pas à garantir un retour sur investissement. Ce qui compte avant tout, c’est la capacité d’exécution.

À surveiller

Les chiffres du chômage américain seront publiés ce jeudi, et non vendredi, en raison de la fête nationale américaine. La dynamique de l’emploi reste positive, avec 172 000 créations de postes en mai et un taux de chômage inférieur à 5%. Le débat reste toutefois ouvert quant à la trajectoire future de la Réserve fédérale. De plus en plus d’économistes craignent que la création monétaire en cours soit trop importante pour permettre un retour rapide de l’inflation vers sa cible, ce qui pourrait conduire la banque centrale à relever ses taux cette année. Certains vont même jusqu’à estimer qu’elle pourrait être contrainte de revenir sur les trois baisses de taux décidées en 2025. À ce stade, rien n’est certain. Cela souligne néanmoins l’ampleur de l’incertitude entourant l’évolution de la politique monétaire américaine dans les mois à venir.

L’avez-vous lu ?

Ce n'est pas anodin pour comprendre la position américaine dans les négociations avec l'Iran : les réserves pétrolières américaines sont actuellement à leur plus bas niveau depuis 22 ans, juste avant la saison des vacances, lorsque la consommation de carburants augmente traditionnellement.

*Données Bloomberg et Boursorama en date du 23 juin 2026