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L’Espagne veut que les centres de données apportent leur propre électricité

Gestion thématique 4 min de lecture Member-only
Ces dernières années, le processus était relativement simple : construire un centre de données, le raccorder au réseau, puis acheter de l'électricité. Ce modèle commence à changer.

Alors que l'intelligence artificielle accélère une nouvelle vague de construction de centres de données, les pouvoirs publics s'inquiètent de plus en plus de la croissance rapide de la demande d'électricité. Sans investissements suffisants dans la production et les infrastructures de réseau, ces nouvelles charges électriques massives risquent de faire monter les prix de l'électricité pour les ménages et les entreprises.

Les décideurs politiques du monde entier commencent ainsi à se poser une nouvelle question : si un centre de données souhaite ajouter une demande d'électricité significative au système, ne devrait-il pas aussi contribuer à apporter une nouvelle offre d'électricité ?

La semaine dernière, l'Espagne a proposé de nouvelles règles qui obligeraient les grands centres de données à contribuer à l'approvisionnement de l'électricité qu'ils consomment, plutôt que de dépendre uniquement d'un réseau déjà sous tension. Cette proposition est l'un des signes les plus clairs à ce jour que sécuriser l'accès à l'électricité devient tout aussi important que sécuriser le foncier, la connectivité fibre ou les puces informatiques.

Du raccordement au réseau à son soutien actif

Selon le projet de texte espagnol, les nouveaux centres de données de plus de 1 MW (l'équivalent de la consommation annuelle d'environ 2 500 foyers espagnols) qui ne sont pas encore raccordés au réseau devraient faire correspondre 80% de leur consommation d'électricité à une production renouvelable nouvellement construite. 

Ils pourraient y parvenir via une production sur site ou des contrats d'achat d'électricité à long terme (PPA), mais l'électricité devrait être produite à peu près au moment même où elle est consommée, plutôt que de simplement compenser la consommation annuelle. La proposition inclut également une exigence d'« additionnalité » : la demande des centres de données devrait contribuer à financer des projets d'énergie renouvelable réellement nouveaux, et non se contenter d'utiliser des capacités existantes. À noter que cette proposition n'est encore qu'un projet et reste susceptible d'évoluer.

L'Espagne n'est pas un cas isolé. L'Irlande a déjà introduit des exigences similaires : les nouveaux centres de données doivent y faire correspondre au moins 80 % de leur demande annuelle à des projets d'électricité renouvelable additionnels, reflet de la pression croissante sur le système électrique. Les centres de données représentaient environ 23% de la consommation d'électricité mesurée en Irlande en 2025, soit presque autant que l'ensemble des logements du pays réunis (28%), en faisant l'une des sources de demande à la croissance la plus rapide du pays.

À Singapour, les nouvelles capacités de centres de données ne sont désormais allouées qu'aux projets s'engageant sur un approvisionnement substantiel en énergie verte, tandis qu'aux États-Unis, PJM, l'opérateur de réseau desservant une grande partie de la côte Est, a proposé d'exiger des grands centres de données qu'ils « apportent leur propre électricité », en finançant de nouvelles capacités de production ou en sécurisant des dispositifs d'approvisionnement dédiés. Les marchés adoptent des approches différentes, mais la direction est similaire : l'accès à l'électricité ne peut plus être tenu pour acquis. Les gros consommateurs d'électricité sont de plus en plus appelés à contribuer au système énergétique dont ils dépendent.

Source de l'image : Getty, 2026

Implications pour les investisseurs

  • Nouvelle demande contractualisée d'électricité propre : les grands centres de données peuvent devenir des clients d'ancrage de long terme pour de nouveaux projets éoliens et solaires, améliorant la visibilité de leur financement grâce à des contrats d'achat d'électricité (PPA) de longue durée. 
  • Valeur accrue du stockage : les batteries permettent de déplacer l'électricité renouvelable vers les périodes où la demande reste élevée mais où la production solaire ou éolienne est plus faible, facilitant ainsi la correspondance heure par heure. 
  • Valeur croissante de la flexibilité de la demande : toutes les tâches informatiques ne doivent pas être exécutées instantanément. Certaines charges de travail (entraînement de modèles, mises à jour logicielles ou traitements par lots) peuvent potentiellement être programmées pendant les périodes où l'électricité renouvelable est abondante et moins chère. Cela pourrait réduire les coûts d'électricité, soulager la pression sur le réseau et diminuer les capacités dédiées de production et de stockage nécessaires pour un site.

Communication marketing à destination exclusive des investisseurs professionnels - En date du 10 septembre 2026