Des robots, encore des robots, toujours des robots. C’est probablement ce à quoi vous pensez si vous essayez d’imaginer l’usine du futur.
Mais, selon une récente réunion du Conseil consultatif thématique pour la stratégie SmartCity de Pictet Asset Management, les robots, autrement dit l’automatisation, ne sont qu’une des facettes de l’évolution de la production manufacturière.
Les usines deviennent également modulaires et modulables, plus faciles à entretenir, à dépanner et à accéder. L’interopérabilité est aussi pensée dès leur conception pour que les différentes interfaces technologiques puissent fonctionner ensemble en toute fluidité. Elles doivent également être durables, non seulement pour répondre aux exigences de plus en plus strictes des gouvernements et des consommateurs, mais aussi pour garantir leur efficacité.
Ces tendances rappellent celles observées dans les villes intelligentes et les usines pourraient donc être considérées comme aux avant-postes lorsqu’il s’agit de l’avenir de la vie urbaine. La réduction des déchets et de la consommation d’énergie est également une préoccupation que partagent les usines intelligentes et les villes intelligentes. Les usines efficaces contribuent en effet à réduire les émissions et l’utilisation des ressources dans les zones urbaines. Tous ces thèmes sont proches du cœur de notre stratégie thématique SmartCity.
Les entreprises adoptent cette vision. Le fabricant allemand de pièces automobiles Schaeffler, par exemple, a décrit ses projets de création d’«usines intelligentes». Il compte notamment utiliser des outils numériques pour créer des modèles 3D de futures installations, favoriser des opérations entièrement en réseau pour permettre un échange constant de données et s’orienter vers un design adaptable qui peut être facilement modifié pour fabriquer de nouvelles pièces.https://www.schaeffler.com/en/media/stories/digitalization-stories/smart-factory/
Cela représente une énorme opportunité de croissance pour les entreprises qui peuvent contribuer à créer ce type d’installations. Le marché mondial des logiciels industriels devrait atteindre 355 milliards de dollars d’ici 2030, ce qui correspond à un taux de croissance annuel composé (TCAC) d’environ 13,5% (voir graphique).https://iot-analytics.com/industrial-software-market-landscape Le secteur des technologies opérationnelles, ou du matériel, devrait également croître.
Les changements de la production dans le monde, tels que le relocalisation aux États-Unis, le near-shoring ou le nouvel attrait pour le Vietnam ou l’Inde au lieu de la Chine, entraînent la création de nouvelles usines, ce qui offre à son tour aux entreprises l’opportunité d’adopter les dernières technologies.
Outre la création d’usines flambant neuves, le Conseil consultatif thématique a également noté une demande croissante de modernisation des installations existantes: la production manuelle s’automatise et la production déjà automatisée est modernisée. Par ailleurs, les nouvelles réglementations en matière de développement durable incitent également les entreprises à installer des capteurs intelligents et de nouvelles plateformes logicielles pour mieux surveiller et gérer leurs indicateurs en matière de développement durable.
Le niveau 1 de l’usine intelligente commence par des capteurs qui collectent des informations en temps réel sur la température, la pression, la vitesse et d’autres paramètres. Les données sont ensuite envoyées aux systèmes de contrôle (contrôleurs logiques programmables, ou PLC, et systèmes à commande distribuée, ou DCS), qui les utilisent ensuite pour communiquer avec les actionneurs – des dispositifs qui peuvent ajuster le comportement de la machine, par exemple en démarrant un moteur ou en ouvrant une vanne. Ce processus relie le monde numérique à la fabrication physique. Il s’agit avant tout de systèmes de surveillance de niveau supérieur, de logiciels et de systèmes de planification commerciale.
Dans le domaine des logiciels industriels, les membres du Conseil consultatif thématique ont noté une part de marché accrue pour les fournisseurs de cloud et une demande croissante en matière d’automatisation de la conception électronique (EDA). Cette dernière consiste en des systèmes qui utilisent la conception assistée par ordinateur pour développer des cartes de circuits imprimés et des microprocesseurs.
Les frontières entre l’informatique, qui se concentrait traditionnellement sur les données, et la technologie opérationnelle (OT), qui couvrait le matériel et les logiciels, sont de plus en plus floues. Par exemple, les entreprises utilisent python, un langage de programmation informatique, pour programmer des API.
L’étape suivante sera le développement d’API virtuels. Plutôt que d’utiliser des appareils autonomes dotés d’un matériel dédié pour gérer l’automatisation industrielle, cette nouvelle génération de contrôleurs fonctionne sur du matériel informatique standard et émule virtuellement les API, tout en étant éventuellement éloignés de l’usine proprement dite. Ils pourraient rebattre la donne dans la fabrication et sont adoptés par de grands acteurs, tels que Siemens.
La nouvelle génération d’usines apporte ses propres défis. La cybersécurité est primordiale ici. Un centre de données centralisé est un point de défaillance potentiel majeur que les entreprises ne peuvent pas se permettre. Mais il est également plus difficile à pénétrer et plus facile à mettre à jour, y compris avec les derniers correctifs de sécurité.
De la cybersécurité aux semi-conducteurs, en passant par les logiciels et les robots physiques, les usines intelligentes du futur présentent une opportunité de croissance considérable pour de nombreuses entreprises, et donc une opportunité d’investissement thématique attrayante.
Notre stratégie SmartCity est suivie par plusieurs entreprises touchant aux domaines des logiciels industriels et de l’automatisation, comme PTC, Siemens, Schneider Electric ou Dassault Systèmes.